G7 est la première entreprise française à s’être faite - littéralement - uberiser. Comment l'entreprise s'est-elle adaptée pour survivre ?
C’est en 2008, alors qu’il cherchait un taxi pour se rendre à un événement que Travis Kalanick aurait eu l’idée de créer Uber. "C’est si difficile de trouver un taxi à Paris !"
La neige ce jour-là n'aura rien arrangé à son constat de l’époque.
Uber est arrivé à Paris en décembre 2011.
Les taux sont bas, le financement est abondant, l’adoption des smartphones explose, le monde se digitalise, les usages évoluent : les planètes sont alignées pour favoriser la création d’un "disrupteur" dans le transport de personnes.
De sa création en 2009 à 2016, Uber va lever 9 Mlds $ et déployer une stratégie dite de “blitzscaling” (croissance agressive basée sur un passage à l’échelle à la vitesse de l’éclair).
G7 regarde les voitures noires passer sans réagir…jusqu’à 2014.
« Nous sommes passés de 15.000 taxis à plus 45.000 véhicules de transport individuel de personnes, seulement à Paris » Nicolas Rousselet, DG de G7 en 2019.
En 2014, le chiffre d'affaires s’établit encore à 77 M € mais c'est le début de la baisse du nombre de courses.
En 2015 c'est 75 M €.
La glissade est plus nette en 2016, avec un CA de 69 M €.
2016 sera l’année des annonces et des actes.
Le fils du fondateur du groupe prend le volant de G7 pour conduire la transformation : “Le monde change…Nous aussi”.
Il faut marquer le coup : nouveau nom (G7, exit le “taxi”), nouveau logo, nouvelles règles, nouvelle expérience.
Les aménagements ne sont pas sans rappeler Uber : uniformisation de la couleur de la flotte, mise à disposition d’une bouteille d’eau, lancement d’une appli, baisse des prix, nouvelle offre de luxe...
Et la carte sera désormais acceptée. Gare aux chauffeurs qui ne jouent pas le jeu : "Si un chauffeur refuse un paiement en carte bancaire, G7 offre la course et la facture au chauffeur."
La société peut compter sur les atouts qui lui ont permis de devenir un leader sur un marché réglementé : contrôles des véhicules et des horaires des chauffeurs, voies réservées…
Le DG s’active en coulisses pour faire durcir la réglementation des VTC pour freiner l’expansion de cette nouvelle concurrence.
Le dirigeant modifie 70% de son codir pour diriger la nécessaire transformation. Un nouveau poste est créé : une direction de l’expérience client.
De nouvelles routines sont initiées : chaque mois des missions de concertation se tiennent pour faire progresser les chauffeurs les moins bien notés.
Douze salariés sont désormais détachés de manière permanente à la formation (service, qualité relationnelle, écoute,...).
Après deux années marquées par le covid, 2022 est le retour dans la course de la société fondée en 1905 avec 85 M€ de CA. 2023 confirme avec un CA de 90 M€.
G7 peut aborder l'avenir du haut de sa forme olympique.
Sources :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Taxis_G7
Magazine Challenge du jeudi 2 mai - #828 - Article “Dans la course” - p.46
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