Retour sur les tâtonnements stratégiques de Criteo, avant que la startup ne devienne une pépite de la Frenchtech cotée au NASDAQ
C’est l’une des histoires mythiques de pivot de la Frenchtech.
Et pour cause, c’est celle de la première licorne tricolore : Criteo.
L'aventure débute en 2005, quand Jean-Baptiste Rudelle, épaulé par Franck Le Ouay et Romain Niccoli, lance Criteo après s’être rencontré au sein de l’incubateur Agoranov, alors qu’ils portent exactement le même projet.
Le nom, évoquant la prédiction en grec, promettait déjà des prouesses. Pourtant, les débuts furent loin d’être prometteurs.
Leur première idée, un comparateur de films, s'avère être un échec, faute de visibilité et de trafic.
Non découragés, ils opèrent leur premier pivot, en adaptant leur algorithme pour recommander n'importe quel produit en ligne.
Malgré un début prometteur avec des géants comme les 3 Suisses et La Redoute, le plafond de verre fut rapidement atteint.
La seconde tentative de pivot s’oriente vers un widget de recommandation pour blogs. Un succès viral qui ne s’accompagne malheureusement d'aucun revenu significatif. À l’aube de 2007, après deux pivots infructueux, Criteo se trouve au bord du précipice financier.
C'est à ce moment critique que l'entreprise réalise son pivot le plus audacieux. Inspirés par les suggestions d’un membre du conseil d’administration, les fondateurs décident d’exploiter leur algorithme pour la publicité ciblée en ligne.
Criteo devient alors pionnier de la publicité personnalisée basée sur les habitudes de navigation, un coup de maître qui propulse l’entreprise vers une croissance explosive.
En un an, Criteo engrange plus de 15 millions d’euros et s’élance vers la conquête du marché américain.
Jean-Baptiste Rudelle déménage aux États-Unis, s'attelant à la tâche herculéenne d'implanter Criteo sur le marché américain, un exploit qui lui prendra deux ans.
En 2013, la réussite est telle que Criteo triomphe avec une entrée en bourse à New York.
Les nouvelles réglementations sur la protection des données personnelles et la collecte d'informations mirent Criteo face à de nouveaux défis.
En 2018, la société traverse une période difficile, contrainte à revoir sa stratégie et à s'adapter rapidement à un environnement réglementaire en mutation.
Sous la houlette de Jean-Baptiste Rudelle, revenu aux commandes, et de Megan Clarken, directrice générale nommée pour redresser la barre, Criteo opère un redressement spectaculaire. En 2021, la société enregistre un bénéfice net en hausse de 88 % à 134 millions de dollars.
Avec plus de 3 100 collaborateurs dans 27 bureaux à travers le monde et plus de 22 000 clients, Criteo démontre l'importance cruciale de savoir pivoter.
Le parcours de Criteo, de ses humbles débuts à son statut de leader mondial de l'Ad Tech, incarne l'essence même de L'Art du Pivot.
Vous pouvez retrouver l’histoire complète dans le podcast de Laurent Brouat, Il était une fois l'entrepreneur.
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